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Le 10 Juin 1944

Le 10 juin, le bourg d’Oradour-sur-Glane
(Haute Vienne) France
a été rayé de la carte.
Oradour-sur-Glane est une commune française,
située dans le département de la Haute-Vienne et la région Limousin.
Le nom occitan de la commune est Orador.
Les habitants sont appelés Radounauds.
Le nom d’Oradour, qui vient du mot latin oratorium,
indique qu’il y avait là, dès l’époque romaine,
un oratoire, c’est-à-dire un autel et un lieu de prières pour les morts,
qu’on enterrait alors au bord des routes
et souvent au voisinage des carrefours.
Le bourg actuel, construit après la Seconde Guerre mondiale,
est situé à l'écart des ruines du village qui fut le
théâtre du massacre le 10 juin 1944,
perpetré par la division SS Das Reich.

Les auteurs du drame appartiennent au fameux régiment
de SS der Führer ;
il s’agit, en l’occurrence, de la 3e compagnie du régiment
de SS der Führer, lequel faisait partie de
la 2e division panzer das Reich.
Ces hommes composaient la garde personnelle d'Hitler.
 


Le 9 juin 1944,
La division se trouvait à Tulle, où une attaque
de la résistance eu lieu contre une garnison allemande.
99 hommes furent pendus dans cette même ville.
En plus de ce premier massacre,
Les SS préparaient le massacre de ville
se trouvant dans la zone de maquis.
Oradour ne se trouvait pas sur cette zone.
Cependant, l'erreur des allemands fut fatale pour ses habitants.
 


Le 10 juin 1944, après l'arrivée des Allemands dans le bourg
d'Oradour-sur-Glane, le tambour de ville passa dans les rues
en lisant un ordre qui enjoignait à tous les habitants,
sans exception, hommes, femmes et enfants, d’avoir à se rassembler
immédiatement sur le Champ de Foire,
munis de leurs papiers, pour vérification d’identité.
 


Les S. S. pénétrèrent dans les maisons d’Oradour,
se firent ouvrir toutes les portes et brutalement,
sous la menace de leurs armes, obligèrent tout le monde,
même les malades, à se rendre sur le lieu de rassemblement.
Un à un, ou par groupes, conduits et surveillés par les SS,
ils vinrent peu à peu se masser sur le champ de Foire.
Les Allemands ne se contentèrent pas d’y réunir les gens
domiciliés dans le bourg lui-même : ils allèrent chercher,
jusque chez eux, les habitants des villages voisins.
Les cultivateurs durent abandonner leurs travaux.
Plusieurs personnes furent abattues.
 


Les Allemands divisèrent la population en deux groupes :
d'un côté, les femmes et les enfants ;
de l'autre les hommes

Massacre des hommes
Les hommes furent répartis dans cinq granges différentes ;
là, ils furent mitraillés puis leurs corps furent recouverts de fagots
et de paille auxquels les allemands mirent le feu.
Les témoignages des quelques rescapés indiquent deux choses :
la première : tout d’abord, les Allemands ont tiré bas
et dans les jambes de leurs victimes ; ensuite,
le feu a été allumé sur des hommes encore vivants.
La déclaration d’un rescapé établit qu'ils parlaient encore ;
les moins blessés ont pu s'échapper,
mais ceux qui l'étaient davantage ont certainement été brûlés vifs.
 


Massacre des femmes
Le groupe enfermé dans l’église comprenait
toutes les femmes de la ville,
en particulier les mamans, ainsi que tous les enfants des écoles.
Des soldats placèrent dans la nef, près du chœur,
une sorte de caisse assez volumineuse de laquelle dépassaient
des cordons qu'ils laissèrent traîner sur le sol.
Ces cordons ayant été allumés, le feu fut communiqué à l'engin
dans lequel une forte explosion soudain se produisit et
d'où une épaisse fumée noire et suffocante se dégagea.
Une fusillade éclata dans l'église, puis de la paille, des fagots,
des chaises, furent jetés pêle-mêle sur les corps qui gisaient sur les dalles.
Les allemands y mirent ensuite le feu.
Une seule femme survécut au carnage :
Marguerite Rouffanche, née Thurmeaux.
Son témoignage a constitué tout
ce qu'il est possible de savoir du drame.
Elle a perdu dans la tuerie, son mari, son fils, ses deux filles
et son petit-fils âgé de sept mois.
Le chœur de l’église comprenant trois fenêtres,
Mme Rouffanche se dirigea vers la plus grande,
celle du milieu et à l'aide d'un escabeau qui servait à allumer
les cierges elle parvint à l’atteindre.
Le vitrail étant brisé, elle se précipita par l'ouverture.
Après un saut de trois mètres, elle atterrit au pied de l’église
et fut blessée en gagnant un jardin voisin.
Dissimulée parmi des rangs de petits pois,
elle ne fut délivrée que le lendemain vers 17 heures.
 

Femmes et enfants furent brulés ici
Ce qui reste de la cloche en bronze




Autres massacres
Les SS ayant pénétré dans les maisons du bourg y tuèrent
tous les habitants qui avaient pu échapper
à leurs premières investigations,
en particulier ceux que leur état physique avait empêchés
de se rendre sur le lieu du rassemblement.
C'est ainsi que les équipes de secours ont trouvé dans
diverses habitations les corps de quelques vieillards
impotents brûlés à leur propre foyer.
 


Un envoyé spécial des FFI, qui a visité Oradour
dans les tout premiers jours, indique qu'on a recueilli
dans le four d'un boulanger les restes calcinés de cinq personnes :
le père, la mère et les trois enfants.

la boul angerie

Les corps, etaient dans le four a pain
Un puits renfermant de nombreux cadavres
a été découvert dans une ferme.
Ceux-ci étaient tellement décomposés qu’aucune identification
n’a pu être effectuée et qu’il a fallu les laisser en place.
Il a été impossible de se rendre compte si les victimes avaient péri
à la suite de fusillade ou si elles avaient été enterrées vivantes
comme certains l'ont prétendu.
 


Au final,
plus de 642 personnes
furent massacrées lors de cette journée,
où l'indifférence et la barbarie furent
à leurs apogées.


Mémorial
Après la guerre, le général de Gaulle
décide de ne jamais reconstruire
le village qui deviendra un mémorial à la douleur
de la France sous le régime nazi.
En 1999, le village fut consacré village martyr.
En même temps, la reconstruction du nouveau bourg de la commune
d´Oradour-sur-Glane est envisagée sur un autre emplacement
dès juillet 1944.
Depuis 1999, le Centre de la mémoire relie les ruines
avec le nouveau bourg.
Grâce à une exposition permanente couvrant tout le contexte,
ce centre de documentation prépare le visiteur
à la visite du village martyr.
Memorial de martyrs


Procès et réactions
Après une demande pendant 8 ans des survivants et sympathisants
que les coupables soient punis et les victimes « vengées »
le procès longtemps attendu des 21 soldats ayant participé
au massacre d'Oradour débuta en janvier 1953 devant
le tribunal militaire de Bordeaux.
Le 12 février 1953 les juges se réunirent pour les délibérations.
Le tribunal prononça les sentences :
le soldat allemand le plus gradé fut condamné à mort,
un autre Allemand qui avait pu prouver son
absence à Oradour le 10 juin fut relaxé,
4 autres Allemands furent condamnés à des peines
de travaux forcés de dix à douze ans,
 


le seul Alsacien volontaire du groupe fut condamné à mort,
9 Alsaciens furent condamnés à des peines
de travaux forcés de cinq à douze ans,
les 4 autres Alsaciens furent condamnés à
des peines de prison de cinq à huit ans.
La population alsacienne fut indignée
par les peines pour les malgré-nous,
car ceux-ci furent contraints d'exécuter les ordres des supérieurs allemands.
Le procès de Bordeaux refléta en quelque sorte le malaise alsacien
des malgré-nous de ne pas être compris de la population française.
Aujourd'hui encore,
l'affaire des malgré-nous dans le drame d'Oradour-sur-Glane
est loin de faire l'unanimité dans l'opinion française.
 


Quant aux familles des victimes et au Limousin en général,
ils trouvèrent les sentences scandaleusement indulgentes,
puisque seulement la peine de mort pour tous les participants
au massacre fut jugée acceptable.
La proposition d'amnistie augmenta par ailleurs encore
ce sentiment d'outrage.
La riposte d'Oradour fut la demande qu'on lui rendît
le site commémoratif ainsi que nombre d'autres mesures :
la décision de l'ANFM de renvoyer la Croix de Guerre
décernée à Oradour en 1947, ainsi que la Légion d'Honneur
décernée à l'Association en 1949,
le refus de transférer les cendres des martyrs
dans la crypte construite par l'État,
le refus de la présence de représentants de l'État
aux cérémonies commémoratives
(l'exception étant la visite du Général de Gaulle en 1962),
l'inscription sur une plaque à l'entrée des ruines
des noms des députés qui avaient voté l'amnistie.
Oradour-sur-Glane après le passage des Allemands
Le centre de Mémoire est un appel à la réflexion pour éviter
que d'autres massacres n'aient lieu et ainsi perpétuer
la notion de mémoire très importante dans le monde.

  
  


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