Devant diverses situations qui peuvent jalonner notre vie,
deux attitudes sont possibles :
le fatalisme ou lacceptation.
Même sil semble y avoir une parenté entre ces deux options,
elles sont diamétralement opposées.
La première est lattitude de celui qui se soumet docilement
et courbe léchine devant la difficulté, se persuadant que cest la vie
qui est ainsi faite et quil ny peut rien changer.
La deuxième est lattitude de celui qui peut être momentanément écrasé,
mais se relève et se tient debout devant la réalité.




Le fatalisme subit et se laisse éteindre,
véritable suicide moral :
celui qui accepte commence souvent pas se rebiffer puis,
le temps aidant, décide de tirer parti de la situation,
conscient que lépreuve est un moyen de se connaître mieux
pour approfondir et ensuite guérir.
Il dit oui pour vivre.
Certes, il est plus aisé de ne pas réagir et de renoncer
à leffort que de faire face à ladversité.
Dans le premier cas une certaine paresse
ou une peur quelconque supposent toujours un bouc émissaire
qui devra encaisser la responsabilité.
Cest la vie qui le veut, il faut se résigner.
Tout est écrit et décidé davance.



Tandis que lacceptation commence souvent par la révolte,
le refus de trouver normal ce qui nous apparaît comme une absurdité.
Cest une attitude dadulte, saine mais plus exigeante,
dans laquelle entre le sentiment de sa propre dignité dêtre humain.
Aux heures de crises inévitables,
on peut opposer une sorte de résignation souriante et stérile
où lon sabandonne au fatalisme,
parce que cest plus facile,
et sans jamais prendre la responsabilité de sa vie.
Une force plus grande que nous,
croit-on, tire des ficelles et nous fait avancer
comme des marionnettes.
Ou bien on ne voudra pas sortir de sa révolte.
Lun cherche à fuir et ne satteindra jamais parce quil
se leurre et leurre les autres par le fait même.



Tandis que lautre ne pourra être tenté de désespérer,
si sa lucidité ne lui en fait voir que laspect « non-sens »
de la situation et lempêche de prendre
conscience de la force qui est en lui.
« Le fatalisme est une défaite déguisée
en victoire pour soi et pour les autres. »
« Lacceptation est une conquête de soi
qui a dabord pris des allures de défaite. »